Je suis psychologue clinicienne depuis vingt-cinq ans. Depuis plus de quinze ans, j’explore, en pratique et en réflexion, les effets du numérique sur la vie psychique, le rapport au temps et la présence au monde.
Dès les premières manifestations cliniques du phénomène, j’ai été amenée à travailler sur les conduites d’addiction liées aux écrans, à une époque où ces usages n’étaient ni stabilisés, ni véritablement pensés.
Cette antériorité m’a permis d’en suivre les évolutions, les déplacements mais aussi les angles morts. Peu à peu, une limite s’est imposée : réduire ces transformations à la seule question de l’addiction ne permet plus d’en rendre compte.

Formée en Psychologie (Master 2, Université Paris Cité – ex Paris V), en Communication (Master 2, CELSA Sorbonne Université) et titulaire d’un certificat de Sciences Criminologiques (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) j’ai construit une approche transversale, à la croisée des registres.
Le numérique, au-delà de l’objet d’usage, est un milieu qui re configure en profondeur notre manière d’habiter le temps, le corps, la relation et le réel.
C’est dans ce cadre que j’ai proposé la notion de Fugitisme : non pas une pathologie de plus, mais une clé de lecture.
Le Fugitisme désigne un éloignement progressif du réel, souvent imperceptible, dans lequel les conduites addictives ne constituent qu’une expression parmi d’autres.
Depuis plus de deux décennies, j’accompagne enfants, adolescents, adultes et familles confrontés aux effets de l’hyperconnexion.
Au-delà des usages, mon travail consiste à repérer ce qui se transforme plus silencieusement :


de pratique clinique
de recherche sur les écrans
publiés
J’ai développé un programme d’accompagnement qui articule deux dimensions indissociables :
L’enjeu n’est pas uniquement de réduire un comportement mais de restaurer une capacité à habiter sa vie hors écran : retrouver une continuité du temps, une qualité de présence, une expérience du monde qui ne soit pas constamment médiatisée
Nous ne faisons pas face uniquement à un excès d’écrans. Nous assistons à une transformation plus profonde : une mise à distance progressive du réel, qui redéfinit nos équilibres psychiques, éducatifs et sociaux.
C’est à cet endroit précis, discret mais structurant, que se situe aujourd’hui, selon moi, le cœur du travail thérapeutique.