Au-delà du temps excessif passé devant les écrans, la nature des jeux et des images regardées entraîne l’enfant dans un univers fascinant duquel il lui est difficile, voire impossible, de sortir pour rejoindre la réalité de son quotidien et a fortiori quand il s’agit de faire ses devoirs, ranger sa chambre, faire sa toilette, etc.
Les parents sont en perte progressive d’autorité. Ils ont de plus en plus de difficultés à poser des limites et ramener leur enfant à la raison, dépassés par l’outil digital qu’ils maîtrisent souvent moins bien que leur enfant. Les disputes et les caprices sont de plus en plus fréquents à la maison, les crises de nerfs nombreuses, et l’équilibre familial et scolaire de l’enfant est perturbé.
En outre, le changement de ce qu’est tout simplement « jouer » a de quoi alerter les parents. Les plus jeunes enfants, qui ont besoin de jeux pour élaborer leur pensée et construire leur imaginaire, ne donnent plus la priorité à leurs jouets mais vont préférer systématiquement et radicalement se mettre devant un écran. Certains enseignants de crèche constatent même que ces jeunes enfants ne savent plus jouer, s’isolent, et restent sans rien faire.
La dépendance aux écrans chez l’enfant peut entraîner de graves difficultés pour sa concentration scolaire, sa structuration mentale et son épanouissement personnel.

Concernant les enfants, le terme d’addiction n’est pas forcement le plus approprié. Il est plus juste de parler de mauvaise position ou de comportements néfastes face aux écrans.
Le jeune enfant dépendant préfère systématiquement passer du temps sur un écran à toute autre forme d’activité. Les jouets traditionnels sont complètement désinvestis, une sortie au parc ne présente plus d’intérêt.
L’enfant ne parvient pas pas à arrêter ni même limiter sa consommation d’écran (il est, du reste, incapable de se rendre compte du temps qu’il y passe).
Il n’a pas conscience du caractère parfois violent et non adapté à son âge de ce qu’il visionne.
En situation de privation d’écran par ses parents, l’enfant bascule dans les pleurs et peut exprimer des formes de chantage à la fugue ou à d’autres menaces graves.
Dans la vie de tous les jours, il est violent, nerveux, et particulièrement quand l’accès aux écrans lui est restreint. Leur absence provoque en lui un sentiment de vide. Il est sujet à des angoisses et à de l’anxiété.
En général, les enfants dépendants aux écrans présentent plusieurs des symptômes suivants :

La dépendance aux écrans chez l’enfant peut, à terme, entraîner de sérieuses conséquences, que ce soit sur la vie sociale, sur l’équilibre psychique ou même sur sa santé.
L’isolement social et affectif de l’enfant dépendant peut fréquemment engendrer des difficultés familiales et sociales. L’enfant va indiquer, par son comportement replié, un retrait de la vie de famille et un désinvestissement de ses relations amicales. La façon de jouer de l’enfant mute et les jouets traditionnels sont ignorés, ainsi que les activités manuelles, créatives et motrices. Il peut aller jusqu’à négliger sa vie d’écolier et se mettre gravement en situation d’échec scolaire.
Coupé de sa réalité familiale, ludique et scolaire, l’enfant peut progressivement s’installer dans un état dépressif.
Dans certains cas, en circulant sans contrôle sur internet, il peut devenir une proie facile pour un pédophile se cachant sur des sites pour enfants afin de mieux les approcher. Il y a donc une réelle prise de risque et mise en danger de l’enfant qui n’a bien entendu pas la capacité de discernement adéquate.
Certains enfants dépendants aux écrans glissent, du fait de leur jeune âge et de leur structure psychique encore en cours de développement, vers une sensation de dépersonnalisation, vers un mal-être chronique. Coupés de leur réalité familiale, sociale et scolaire, la dépression infantile n’est pas très loin.
Les repères ne sont plus les mêmes, le principe de limites devient plus flexible et l’enfant a de plus en plus de mal à faire la différence entre ce qui est grave et pas grave, entre ce qui est tolérable et ce qui ne l’est pas. Dans son monde virtuel, les frontières sont sans cesse repoussées, on peut, après tout, toujours « recommencer », indéfiniment. Il y a autant de vies et d’identités qu’on le souhaite, on peut se battre, mourir ou, mieux, tuer l’adversaire.
Un nombre croissant d’études évoquent les conséquences du temps que passent les enfants devant les écrans sur le développement de leur cerveau.
Si l’enfant acquiert, il est vrai, une excellente habileté motrice spécifique aux manettes de jeux, il s’avère en revanche que les difficultés graphiques sont de plus en plus fréquentes, ainsi qu’une mauvaise coordination motrice dans les activités manuelles et sportives.
Enfin, on constate de plus en plus des retards de développement du langage chez les très jeunes enfants passant beaucoup de temps face aux écrans.