Les adolescents ont grandi dans leur foyer, leur scolarité, leurs jeux, leurs amitiés, leurs relations amoureuses en même temps que le déploiement numérique. Ce sont des êtres multi-connectés qui ont accès à des informations pointues sur une infinité de sujets. Les apprentissages sont accessibles à tous en un clic, les notions de distance et de temps ont changé, tout est rapide, accessible. Plus rien n’est trop loin, trop long, trop compliqué, impossible. C’est dans ce monde là que vivent et grandissent les adolescents d’aujourd’hui.
Mais sans accompagnement, ce nouveau monde a son revers: manque de limites, de repères, des dangers, de la violence. Le rôle des parents est très important pour poser les bonnes limites qui vont ancrer les jeunes dans la réalité. Pour les aider aussi à être autonome face aux technologies dévorantes et addictives.

L’adolescent, baignant dans un quotidien numérique, manque souvent de recul pour prendre lui-même conscience de sa cyberdépendance.
Ce sont plutôt, en général, ses parents qui vont constater son changement de comportement, des résultats scolaires inquiétants ou négociés en échange de temps de connexion, et qui vont les faire alors s’interroger sur la part de responsabilité des écrans quant au mal-être de leur enfant.
Un adolescent dépendant aux écrans y consacre un temps hors-travail qui a de quoi alerter son entourage (plus de 4h par jour).
En général, l’adolescent souffrant de cyberaddiction présente plusieurs des symptômes suivants :

L’adolescent est un être à la maturité encore fragile, à la personnalité qui se construit. Il aura de sérieuses difficultés à devenir une personne autonome s’il est en situation de dépendance (cela vaut pour les écrans comme pour des substances ou des individus)
L’isolement social et affectif de l’adolescent dépendant peut fréquemment engendrer des difficultés familiales et sociales. L’adolescent va manifester, par son comportement replié, un retrait de la vie de famille et un désinvestissement dans ses relations amicales.
Il va délaisser sa vie au collège, au lycée et souvent basculer dans l’échec scolaire.
Certains adolescents accros aux écrans glissent, du fait de leur fatigue mentale, vers la sensation de dépersonnalisation, vers un mal-être chronique. Coupés de leur réalité familiale, sociale et scolaire, la dépression n’est pas très loin.
Chez les jeunes filles, il n’est pas rare de rencontrer aussi des troubles alimentaires tels que l’anorexie dus à un sentiment d’infériorité face aux modèles scrutées en permanence sur internet, complexes d’autant plus vivement ressentis dans une période de disgrâce de l’adolescence.
On rencontre chez les adolescents dépendants des pathologies telles que le dérèglement du sommeil, des troubles de la concentration, des pathologies oculaires ainsi que des problèmes dorsaux dus aux mauvaises postures du corps devant les écrans. Les risques de sensation de dépersonnalisation et de bouffées délirantes ne sont pas à exclure.