On parle beaucoup des adolescents face aux écrans mais beaucoup moins des seniors. Et pourtant, chez certaines personnes âgées, le numérique devient aussi un véritable lieu de retrait du réel. Non pas sous la forme spectaculaire d’une “addiction”, mais souvent sous une forme plus silencieuse : une disparition progressive du monde extérieur.
Le téléphone, la tablette ou la télévision connectée peuvent alors occuper une place croissante dans le quotidien jusqu’à remplacer :
Chez le senior, cette question est particulièrement importante car l’avancée en âge nécessite précisément l’inverse : maintenir du mouvement, du lien humain, de la stimulation réelle, des repères temporels et une inscription vivante dans l’existence.
Chez certaines personnes âgées, la dépendance aux écrans ne ressemble pas à celle des adolescents. Elle est plus discrète, plus silencieuse et parfois confondue avec “une occupation” ou “une compagnie”. Pourtant, certains signes doivent alerter l’entourage. Un senior en difficulté avec les écrans finit progressivement par remplacer une partie du réel par le numérique.
Chez le senior, cette problématique est particulièrement importante car l’avancée en âge nécessite au contraire :
Le risque principal chez la personne âgée est le retrait progressif du réel. Le senior hyperconnecté peut peu à peu se couper : de l’extérieur, du mouvement, des autres, mais aussi du temps réel de la vie. Or cette perte de temporalité est particulièrement préoccupante à un âge où les repères, les rythmes et la présence au quotidien jouent un rôle majeur dans l’équilibre psychique et cognitif. Certaines personnes âgées finissent par vivre dans un temps suspendu :
mais habitent de moins en moins leur propre existence.
L’isolement social et affectif peut alors s’aggraver fortement. Le senior réduit ses déplacements, voit moins ses proches, sort moins de chez lui et perd progressivement certaines habitudes essentielles au maintien de son autonomie. Le numérique peut également favoriser :
Certaines personnes âgées deviennent également très vulnérables aux contenus alarmants, à la désinformation ou aux sollicitations commerciales permanentes. Au-delà du numérique, le problème est profondément humain car à un âge où il devient essentiel de maintenir du lien, du réel, du mouvement et une temporalité vivante, l’hyper-connexion peut parfois produire exactement l’inverse :