Le 28 mai 2025, la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs a auditionné trois groupes d'experts.
Professionnels de santé (psychologue, psychiatre, pédiatre urgentiste) : ils dressent un tableau clinique alarmant — dissociation du rapport au temps et au corps, troubles anxieux, dépression, scarifications, intoxications volontaires au paracétamol multipliées par sept, comportements violents liés aux challenges. L'âge des jeunes concernés est en baisse constante (12-14 ans aujourd'hui). Ils proposent notamment d'imposer des horaires d'accès à la plateforme, à l'image des établissements recevant du public.
Parlementaires (Studer, Karamanli, Rauch) : ils rappellent leurs travaux législatifs antérieurs (contrôle parental, protection de l'image des enfants) et insistent sur les limites du droit national face au droit européen. Ils plaident pour des sanctions financières contraignantes à l'échelle de l'UE, l'évaluation des lois existantes, et une action coordonnée entre États membres.
Amnesty International : l'ONG s'appuie sur son enquête de 2023 pour dénoncer le modèle économique fondé sur la collecte de données et la conception addictive. Elle documente des spirales de contenus dangereux (suicide, automutilation) accessibles en moins de 20 minutes. Plutôt que l'interdiction par âge, Amnesty préconise une refonte du modèle algorithmique, l'interdiction de la publicité ciblée aux mineurs et une application effective du DSA européen.