Imaginez un monde où la compétence ne se construit plus mais se déclare. Un monde où la complexité du psychisme humain serait réputée accessible à quiconque a suivi deux week-ends de formation et a ouvert un compte Instagram. Un monde où la souffrance psychique devient un marché ouvert, et où on confond la capacité de parler avec la capacité de soigner.
Fini les années de labeur à la fac, les masters en psychologie, les doctorats en psychiatrie, ou même les stages cliniques sous supervision. Pourquoi s’embarrasser de tout cela quand Chantal, la voisine du 4 étage, peut, entre deux podcasts de développement personnel et un magazine de psychologie grand public, vous proposer un bilan de personnalité à 90 € ? Mieux encore, elle diagnostique votre enfant comme «zèbre» (parce que, soyons honnêtes, c’est tendance) et exige que l’école s’adapte. Bienvenue dans l’ère de l’ubérisation de la psyché !