Nous avons pris l’habitude de penser que le problème vient du contenu ou des réseaux sociaux. C’est vrai mais pas seulement. Un autre facteur invisible joue un rôle énorme dans notre vulnérabilité : la taille de l’écran. Un petit écran change notre corps et notre psychisme. Il nous replie, littéralement. Le smartphone nous fait adopter une posture refermée, épaules enroulées, tête baissée, bras serrés… une posture de protection comme un repli de survie. Et c’est loin d’être anodin : Le cerveau interprète ce repli comme un retour à un état très archaique.
Un petit écran implique :
Dès la naissance, le tout-petit est apaisé par les petits espaces : être bercé, contenu et enveloppé.
Le téléphone rejoue cette mécanique:
On se met très souvent en position foetale, en se laissant bercer par les vidéos, les scrolls et les notifications. L’écran devient alors une coquille lumineuse minuscule qui apaise… tout en enfermant. De là, on ne regarde pas devant soi et on se dissout à l’intérieur.
La main devient accrochée au téléphone comme un bébé à sa tétine
Un smartphone est un objet transitionnel qui ne sature jamais. On le consulte comme on suce son pouce. Ainsi, le smartphone est un doudou de contenu illimité.
Face à une télévision ou un ordinateur:
Même si le contenu peut captiver, on reste néanmoins dans le monde réel parce qu’on regarde quelque chose. Et surtout, on ne se regarde pas disparaître, absorbé par le petit écran.